Parcours PMA – FIV n°1 – Partie 1
Vous l’aurez compris si vous êtes arrivé(e) jusqu’à cet article, les six mois qui ont suivi ma coelioscopie ne m’auront pas permis de tomber enceinte naturellement.
Il est maintenant temps pour nous d’entrer dans la nouvelle (et périlleuse) aventure du monde de la PMA (procréation médicalement assistée).
À ce stade-là, nous ne nous rendons pas du compte de tout ce que cela implique (et heureusement…).
Nous rencontrons la spécialiste qui nous accompagnera tout au long de cette 1ère FIV. Elle nous explique comment vont se passer les prochaines semaines. C’est parti !
Nous débutons un protocole de stimulation d’une durée approximative de 3 semaines.
Voici le résumé d’une journée type durant cette période de stimulation :
– Au réveil : prise de progestérone par voie vaginale (qui provoquent des pertes blanches continues, donc protections obligatoires H24 et féminité qui en prend un coup…)
– Le soir : injection dans le bas du ventre (réalisée par mes propres soins car chéri pas à l’aise avec les aiguilles et trop contraignant de faire passer une infirmière à domicile tous les jours).
– Au coucher : pulvérisations nasales (Synarel) qui me causent des crises d’éternuements (une cinquantaine à chaque prise #abdosenbéton) + prise de progestérone par voie vaginale (on remet ça !)
– Tous les 3-4 matins, vers 7h30 (avant la journée de travail), rdv à l’hôpital pour une écho par voie vaginale + prise de sang (dans le but d’assurer un contrôle de l’évolution de la stimulation). Avant chaque rdv j’étais noyée dans une salle d’attente contenant des dizaines de femmes qui défilaient. Lorsque mon tour arrivait, j’étais souvent confrontée à une interne différente de celle du dernier contrôle et qui n’avait pas forcément accès à tous les derniers bilans…
– Une fois par semaine : intra musculaire (Decapeptyl) très douloureuse (elles parviennent parfois même à m’arracher quelques larmes).
Trouver sa place en tant que femme dans tout cela devient bien compliqué mais je résiste et tiens bon.
Le 6 mai 2021, à 7h je suis admise pour une hospitalisation en ambulatoire. C’est le jour de ma 1ère ponction. J’arrive au bloc pour une intervention d’environ 30 min après le recueil de sperme de Mickaël quelques minutes plus tôt. Il ne s’agissait pas d’une anesthésie générale mais je me suis quand même endormie lors de l’intervention. Un peu après être remontée en chambre, j’apprends que 19 ovocytes matures ont pu être récoltés. C’est énorme ! On croise les doigts pour qu’il y en ait un maximum de fécondés !
Je ressors de l’hôpital en fin de journée avec tout de même quelques douleurs.
Le 7 mai 2021, malgré mes douleurs, je tente tout de même d’aller travailler le matin. Je prends énormément sur moi toute la matinée mais garder la tête haute devant des collégiens avec de telles douleurs n’a pas été une mince affaire. La fin du dernier cours de la matinée retentit, les élèves quittent ma salle. Une collègue et amie, C. (la seule à être au courant de ma ponction d’hier) arrive pour prendre de mes nouvelles. Je m’effondre. Je ne supporte plus la douleur, pourtant Dieu sait que j’ai acquis une belle résistance face à la douleur. Ma collègue me résonne. Il n’est pas possible pour moi de terminer ma journée dans ces conditions. J’informe donc ma direction que je ne pourrai pas assurer mes cours de l’après-midi et je rentre chez moi. Mickaël est toujours au travail. Je l’informe de ce qui se passe mais n’insiste pas trop, je ne veux pas le déranger. Je suis au lit, pliée en deux, en larmes, des cris de douleur s’échappent même parfois. Je ne tiens vraiment plus, il faut faire quelque chose. J’appelle Mickaël qui prend la décision de quitter son lieu de travail pour m’emmener aux urgences. Habituée aux urgences et à la longueur des prises en charge, je me rends directement au service PMA de l’hôpital pour leur faire part de ma situation. Je ne parviens pas à retenir mes larmes tellement j’ai mal, je peine à expliquer ce qui m’arrive mais finis par me faire comprendre. Les infirmières me conduisent en salle d’échographie. Je fais une hyperstimulation importante. Mon ovaire droit mesure 9 cm (il mesurait 4 cm avant la stimulation). J’ai de quoi souffrir ! Face à ma détresse, la décision a été prise de m’hospitaliser (au moins pour essayer de soulager ma souffrance). J’y suis restée 48h mais les douleurs ont encore été présentes plusieurs jours après mon hospitalisation. J’avais le bas du ventre très gonflé (ressemblant dés lors à une femme enceinte de 4 mois). J’avais honte de ce corps que je ne maîtrisais plus du tout.
Après mon retour de l’hôpital, j’ai reçu un appel du laboratoire m’informant qu’ils avaient congelé 4 blastocystes (embryons âgés de 5 jours). Il ne pourra bien sûr pas y avoir de transfert frais à cause de mon état, d’où la congélation de ces embryons. 4 ?! Seulement ?! Mais comment peut-on passer de 19 ovocytes matures à 4 embryons ?? Pourtant, à force de lire d’autres expériences de femmes, 4 embryons serait un bon résultat. Certaines n’en ont plus qu’un ou deux à la fin. Parfois même plus du tout. J’essaie donc de relativiser. Après tout, cela m’offre 4 chances de pouvoir devenir maman. On attend donc que mon état se stabilise avant d’envisager un transfert d’embryon.
22 juin 2021 : C’est le jour du transfert ! Seule ma collègue et amie C. est au courant de la nouvelle. Je branche mon téléphone en mode sonnerie pour ne pas rater l’appel du labo. Ils peuvent m’appeler à tout moment de la journée et je sais qu’à compter de leur appel j’aurai peu de temps pour être sur place. Mickaël et moi n’allons pas travailler ce jour-là. Nous devons être pleinement disponibles. Nous sommes réveillés tôt, forcément. Les minutes passent, les heures défilent, pas de nouvelles du labo… Je me permets d’envoyer un mail au service PMA de l’hôpital vers 13h pour savoir si c’est normal. Très vite, on me répond que je suis bien programmée ce jour et que je devrais maintenant être bientôt contactée. C’est le cas à 14h30. Le stress monte ! La dame au téléphone m’explique qu’ils ont tenté de décongeler un premier embryon mais qu’il n’a malheureusement pas survécu à la décongélation. Mon dieu !! En une fraction de seconde je passe de 4 embryons à 3 !! Elle enchaîne et m’informe que nous sommes attendus dans 1h au laboratoire PMA de l’hôpital pour le transfert du 2ème embryon qui, lui, a résisté à la décongélation. Nous nous préparons donc, sans plus trop savoir où nous en sommes. Pourquoi ce 1er embryon n’a-t-il pas tenu ? Mais bon… nous n’avons pas tellement le temps de tergiverser, nous devons nous mettre en route pour le transfert de notre 2ème embryon. J’ai le temps de la route (20 min) pour boire l’équivalent d’une bouteille d’eau d’1,5 L. Je dois avoir la vessie pleine. Nous arrivons et patientons dans la salle d’attente déjà pleine de couples présents pour la même cause que nous. « Bonjour ». Des réponses discrètes jaillissent un peu partout dans la salle. Derrière nos masques (covid oblige), nous osons à peine nous dévisager. Nous comprenons parfaitement ce que chacun traverse dans cette salle, nous menons tous un combat similaire mais pourtant, (par pudeur ?) un silence lourd et pesant règne. Nous sommes appelés et conduits dans une salle minuscule. On me demande de m’installer (même position que chez le/la gynéco). Mickaël est à mes côtés. L’infirmière met en place le matériel qui servira au bon déroulement de la procédure. Tout est prêt, l’infirmière appelle une personne pour lui dire que l’embryon peut être amené. Cette personne arrive avec une pipette. Cinq minutes plus tard, « mode couvade » activé. Je porte notre embryon. Je dois encore patienter 15 minutes en position allongée avant de pouvoir rentrer. Nous repartons de l’hôpital plein d’espoir. Résultats dans 12 jours.
La fin du mois de juin est chaque année une période bien chargée pour Mickaël et moi : anniversaires, week-ends, fin d’année scolaire pour nos élèves/étudiants etc. Nous parvenons à être bien occupés en journée et la période d’attente passe relativement vite. Le dernier week-end avant la prise de sang qui nous révèlera si oui ou non notre embryon s’est implanté, nous participons Mickaël et moi à l’EVG et l’EVJF d’un couple d’amis. Nous nous retrouvons à deux le dimanche soir, veille de la prise de sang. Je décide, sur un coup de tête, de faire un test de grossesse urinaire. Après tout, si ça a fonctionné, le test de grossesse devrait déjà être en mesure de le détecter. Quelle surprise ! Le test est positif ! Je ressors des toilettes tremblante, les larmes aux yeux. J’en informe vite Mickaël. Quelle bonne nouvelle ! Mais restons tout de même prudents… Attendons la prise de sang qui nous permettra d’obtenir un résultat plus sûr.
Lundi 4 juillet 2021 : Prise de sang dès l’ouverture du labo. Nous recevons les résultats vers 12h. Je suis bien enceinte. Je transmets mes résultats au service PMA de l’hôpital qui me félicite et me confirme bien la bonne nouvelle ! J’ai tout de même une nouvelle prise de sang à effectuer 48h plus tard pour vérifier que le taux évolue bien. Ce sera le cas, tout se chamboule alors dans nos têtes ! Comment est-ce possible ? Tant de femmes galèrent davantage ! Notre 1er transfert a fonctionné ! Nous n’en revenons pas… J’ai envie de crier la nouvelle sur tous les toits mais nous nous promettons de ne rien annoncer avant 3 mois… Sait-on jamais… À nouveau, seule mon amie C. est au courant.
Nous nous permettons un petit séjour dans les Hautes-Alpes afin d’aller respirer le grand air. Mickaël profitera d’ailleurs de ce séjour pour me demander en mariage à plus de 2000m d’altitude.
Au retour de notre séjour dans les Hautes-Alpes, nous rendons visite à la famille de Mickaël pour leur annoncer notre mariage. Que c’est dur de ne pas parler de ma grossesse ! Je décide de proposer à sa famille un repas en septembre (dans le but de leur annoncer cette grossesse). Nous bloquons donc la date du 19 septembre. J’ai hâte d’y être !
En parallèle, je réfléchis à comment je pourrais l’annoncer à ma famille. Nous allons justement passer une dizaine de jours avec eux en août au Portugal (pour le baptême de mon neveu duquel je deviendrai marraine). Ce serait l’occasion parfaite pour leur révéler la nouvelle. Pourtant on avait dit pas avant 3 mois !! Oui, mais bon… Je commande des t-shirts pour chaque membre de ma famille : « Tonton 2022 », « Tata 2022 », « Mamie 2022 » etc… Je les reçois la veille de mon rdv avec notre spécialiste PMA.
J’attends ce rdv avec impatience ! J’ai tellement hâte de savoir comment se passe l’évolution de notre embryon !
