Coelioscopie endométriose n°2 + convalescence

Coelioscopie endométriose n°2 + convalescence

Les intra musculaires de Decapeptyl que je dois subir pendant 3 mois ont pour but de mettre mon organisme en ménopause artificielle (afin de bloquer toute progression possible de l’endométriose). Les effets secondaires se font très rapidement ressentir : bouffées de chaleur nocturnes, insomnies… Des douleurs persistent mais finissent par se dissiper après quelques séances de TENS (appareil d’éléctro neuro stimulation).

Malgré ces inconvénients, cette pause « forcée » dans notre parcours et notre voyage en Guadeloupe nous ont fait le plus grand bien. Nous rentrons revigorés et prêts à en découdre avec l’intervention chirurgicale qui m’attend.

Il est d’ailleurs temps pour moi de rendre visite à ma spécialiste (le 30 août 2022, veille de la pré-rentrée). Mon dossier doit normalement être passé en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire). J’ai hâte d’en avoir les conclusions. Ma spécialiste me confirme que je vais devoir être à nouveau opérée sous coelioscopie pour une ablation de la trompe gauche. Je dois me mettre en relation avec le chirurgien qui me prendra en charge. Elle m’affirme que je devrais pouvoir le rencontrer dans les 3 semaines qui suivent. En sortant de ce rendez-vous, je suis impatiente d’appeler le secrétariat du chirurgien mais je dois, avant cela, passer voir mon algologue (médecin de la douleur) pour faire le point sur les traitements qu’il m’a prescrits. Je lui relate les informations qui m’ont été données par ma spécialiste. C’est à son tour de m’assurer que j’aurais certainement un rendez-vous rapide avec le chirurgien. Je ressors de cette matinée regonflée à bloc : je sais enfin où j’en suis, ce qui me reste à faire et j’ai l’impression que les choses se concrétisent.

Sans perdre de temps, j’appelle la secrétaire de mon chirurgien, je lui explique mon cas et ce qui vient de m’être expliqué. Selon elle, il n’y a aucune disponibilité avant le 20 octobre… En quelques minutes, mon monde s’effondre… Convaincue de pouvoir rencontrer mon chirurgien rapidement, je me retrouve à devoir attendre prés de 7 semaines. Je m’empresse d’envoyer un message à ma spécialiste pour lui faire part de ma surprise et de ma déception. N’ayant pas eu de retour de sa part dans la journée, je me permets d’écrire à mon algologue le soir-même. J’avais pressenti, dés notre premier rendez-vous, qu’il pourrait devenir un allié dans notre parcours. J’étais prête à tout tenter pour éviter d’avoir à attendre 7 semaines. Mon feeling s’est avéré être fondé. Je reçois une réponse à 22h04 de mon algologue ! « Bonsoir, je vais voir s’il ne peut pas vous voir avant, je lui en parle demain, je vous tiens au courant ». Ascenseur émotionnel bonsoir ! Autant de rebondissements dans une même journée, ça fait beaucoup ! Je me dois d’être en forme pour ma pré-rentrée du lendemain. Une bonne nuit de sommeil s’impose.

31 août 2022 : Je rejoins mon établissement et retrouve mes collègues que je n’avais pas vus depuis un petit moment (déjà en arrêt à la fin de l’année scolaire à cause des mes hémorragies). Je suis contente de les revoir. Très vite, des projets se mettent en place, j’ai envie d’y participer mais j’ai en tête mon opération. Je suis dans le flou le plus total. Vais-je réellement devoir attendre le 20 octobre pour un 1er entretien avec mon chirurgien ? Mon algologue réussira-t-il à avancer la date de mon rendez-vous ? Je réponds favorablement à certains projets de mes collègues mais sans être tout à fait à l’aise, ne sachant pas quand j’aurai à m’absenter.

Le pot d’accueil s’achève, mes collègues et moi sommes conviés à rejoindre l’habituelle plénière de pré-rentrée. On est parti pour 2h de réunion. Je ne peux m’empêcher de guetter mon téléphone dans l’attente d’un message de mon algologue. C’est alors qu’en plein milieu de la réunion j’ai la notification d’un appel manqué et d’un message vocal.

Oubliant alors tout ce qui se passe autour de moi, je me permets d’écouter ce message (je suis pourtant au 2ème rang de la salle, ce n’est pas très correct…) Qu’elle n’est pas ma surprise en entendant la secrétaire du chirurgien m’annoncer qu’il y a soi-disant eu un désistement et qu’une place s’est libérée pour le lendemain après-midi ! Elle me réserve donc le créneau !

Waouh ! On passe du 20 octobre au lendemain !! C’est vraiment tout ou rien ! Et ce désistement… On en parle ? Merci surtout à mon algologue, qui me confirmera le soir-même avoir parlé de moi au chirurgien. Ce dernier s’était bien engagé à voir avec sa secrétaire pour avancer notre rendez-vous.

Je suis à la fois très enthousiaste par ce retournement de situation et embêtée. Embêtée me direz-vous ? Mais ça ne va jamais ! C’est vrai… On n’est jamais pleinement satisfaits de ce qu’on a. Bref. Pourquoi embêtée ? Car le lendemain c’est le jour de la rentrée. Je suis professeure principale d’une classe de 3ème. C’est mon rôle et mon devoir d’être présente auprès d’eux ce jour-là. Mais en même temps… Si je fais la fine bouche et que je demande à décaler ce rendez-vous tant attendu, on pourrait me reprocher de ne pas savoir ce que je veux et me renvoyer alors au 20 octobre, comme initialement prévu. Sans compter que je mettrais en porte à faux mon algologue qui a eu la grande bonté de m’aider !

Tant pis… J’explique la situation à ma direction (et ne leur laisse pas vraiment le choix). J’ai la chance d’avoir un co-professeur principal. Je serai là pour accueillir ma classe puis mon collègue prendra le relais quand je m’en irai pour mon rendez-vous.

1er septembre 2022 : Nous arrivons au cabinet du chirurgien avec Mickaël. Ce dernier nous accueille et nous met très vite à l’aise. Il reprend ma dernière IRM et me confirme que l’intervention chirurgicale est inévitable. Ses explications sont claires. Il nous explique qu’il mettra tout en œuvre pour se limiter à l’ablation de ma trompe gauche mais que selon ce qu’il trouvera au moment de la coelioscopie, il serait peut-être amené à faire plus. Nous appréhendons un peu mais tentons de rester confiants. Cette nouvelle épreuve est de toute façon inévitable pour la poursuite de notre projet. Nous ressortons de ce rendez-vous avec une date d’intervention, enfin ! Je serai opérée le 19 septembre.

À nouveau, je suis partagée entre soulagement et doutes. C’est trop beau pour être vrai ! J’attends le problème en fait… Vais-je être positive au covid la veille de l’opération (ce qui décalerait l’intervention d’au minimum un mois…) ? Le chirurgien n’aura-t-il pas un contretemps qui l’obligerait à annuler/reporter ?

Pour la petite anecdote rigolote : nous avons également la date de mon rendez-vous post-opératoire et devinez quoi… Il aura lieu le 20 octobre ! (date à laquelle, on se souvient, je devais rencontrer le chirurgien pour statuer d’une date d’intervention !)

Encore une fois… Beau retournement de situation !

J’annonce donc à ma direction mon opération du 19 septembre et les quinze jours de convalescence qui s’en suivront. Je demande à être remplacée mais cela semble être compliqué pour une durée considérée comme trop courte.

Je fais vraiment tout mon possible pour être le moins en contact avec mes élèves. Je ne veux surtout pas attraper le covid et risquer le report de mon intervention. Je fais même un test 6 jours avant pour voir où j’en suis : négatif ! Ouf ! J’y suis presque !

J’apprends dans le même temps, contre toute attente, que je serai finalement remplacée. Bonne nouvelle ! Je passe quasiment une journée entière à préparer tous les cours et activités dont ma remplaçante pourrait avoir besoin. Je la rencontre la veille de mon arrêt et lui explique tout. J’estime avoir fait tout ce qui était en mon possible pour assurer un suivi de qualité à mes élèves. La balle n’est plus dans mon camp ! Je dois maintenant me recentrer sur mon opération qui se concrétise plus que jamais !

Ma mère fait le déplacement de région parisienne à chez moi pour être à mes côtés dés mon arrivée à l’hôpital. On prend les mêmes et on recommence. Tout comme lors de ma dernière opération, il y a quasiment tout pile deux ans, je suis entourée de Mickaël, mon futur mari et de ma mère.

Mon admission à l’hôpital se fait le 18 septembre 2022. J’en suis à mon 5ème jour de régime sans résidu. Même si à priori mon intestin n’est cette fois-ci pas touché, je dois tout de même le préparer en cas de mauvaise surprise. C’est pour cela qu’à ce régime sans résidu vient s’ajouter un lavement intérieur. Cet « apéro de bienvenue » restera longtemps gravé dans ma mémoire ! Infecte et douloureux. Je sens que je perds des forces… il est temps d’en finir avec tout cela ! Il est l’heure pour ma mère et Mickaël de repartir. Après avoir regardé le replay du « meilleur pâtissier » (je m’évade en pensant aux gâteaux que je pourrai faire en revenant chez moi), je pars pour une longue série de micro-nuits de 30 min.

19 septembre 2022 : C’est le jour J ! Je n’ai plus le droit de manger ni de boire. Je suis pourtant affamée ! Il m’avait été impossible de manger quoi que ce soit la veille au soir tellement « l’apéro de bienvenue » avait fait effet ! (À la vôtre ! N’est-ce pas ?!) Mon intervention est prévue à 14h. Ma mère me rejoint vers 11h. Mickaël réussit à s’absenter de son travail pour venir me voir avant que je descende au bloc. Après quelques minutes de retard, il est temps pour moi d’être conduite au bloc. (C’est le jour des funérailles de la reine Elisabeth, ça me portera chance, non ?)

En route vers le bloc !

Dans la salle d’attente du bloc, mon algologue (également médecin anesthésiste) vient me rassurer et me dire que je serai entre de bonnes mains. Il est vrai que le chirurgien qui va s’occuper de moi est renommé et réputé dans le domaine de l’endométriose. Il n’y a plus qu’à…

Je commence à me réveiller vers 18h15. L’opération a donc duré environ 2h. Je ne me sens vraiment pas bien : nausées, vertiges etc. Je suis raccompagnée dans ma chambre où ma mère m’attendait déjà. Mickaël ne tarde pas à nous rejoindre. Nous ne savons pas trop comment s’est déroulée l’intervention. Selon l’infirmière, nous devrons attendre le lendemain matin pour en savoir plus avec la visite du chirurgien… C’est dur moralement de ne pas savoir. Mais je viens de passer une nouvelle étape.

Et puis vers 21h, alors que ma mère et Mickaël s’apprêtaient à s’en aller, le chirurgien nous a fait la surprise de sa venue. À nouveau, il a été très clair dans ses explications. Nous en retiendrons surtout que tout s’est bien passé et que « seule » ma trompe gauche a été retirée. Le reste a pu être préservé, ce qui est une très bonne nouvelle. Je plane toujours mais j’ai très bien entendu le bilan du chirurgien. Je n’arrive pas à le manifester mais j’en suis très heureuse.

20 septembre 2022 : le chirurgien passe à nouveau me voir en fin de matinée. Il me laisse sortir de l’hôpital ! Je suis contente de pouvoir rentrer mais en même temps un peu stressée d’avoir à gérer ma convalescence seule aussi vite.

Me voilà de retour à la maison. Nous trinquons avec ma mère et Mickaël qui nous a ramené une bonne friterie à son retour du travail. Avec modération tout de même car l’appétit n’est pas encore au rendez-vous.

Après une dizaine de jours durant lesquels une reprise normale de l’alimentation a été un peu compliquée, je vais mieux. 

Reprise du travail le 6 octobre et rendez-vous post-opératoire le 20 octobre 2022. On croise les doigts pour que tous les feux soient au vert afin de reprendre notre parcours PMA le plus vite possible. Qui sait… 2023 sera peut-être notre année ? Ce sera déjà l’année de notre mariage avec Mickaël alors pourquoi pas également la mise au monde d’un petit bout de nous ? L’avenir nous le dira mais l’espoir est à nouveau permis !

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