«  Et vous, c’est pour quand les enfants ? »

«  Et vous, c’est pour quand les enfants ? »

Cette question mérite à elle seule le privilège d’un article.

Aussi indélicate soit-elle, je suis certaine que la plupart des couples finissent par y être confrontés un jour où l’autre. Qu’elle soit posée sur le ton de la plaisanterie ou non, qu’elle soit remplie de jugement ou tout simplement naïve et maladroite, qui peut prétendre ne pas l’avoir vécu ?

N’y a-t-il pourtant pas des milliers de raisons pouvant justifier que cela ne se produise pas ? N’est-il pas envisageable qu’il peut-être embarrassant voire même douloureux de devoir répondre à cet interrogatoire ? Car oui, il s’agit bien là d’une intrusion assez violente dans l’intimité des gens… A-t-on seulement la réponse à cette question ? Si tel est le cas, cette réponse ne peut-elle pas évoluer ? Mais surtout, pourquoi avoir à y répondre ? N’est-il pas révolu ce temps où les couples devaient rendre des comptes sur l’arrivée tardive d’un nourrisson au sein du foyer ?

Si la parole se libère chaque jour un peu plus à ce sujet, il reste tout de même navrant de constater que de gros progrès sont encore à faire quant à l’évolution des mœurs.

Durant notre dernier voyage, ce ne sont pas moins de trois personnes différentes qui ont abordé le sujet de la parentalité avec nous, alors même que nous ne nous connaissions que depuis quelques heures (parfois même plutôt quelques minutes…). Forcément, Mickaël et moi sommes dans la trentaine, nous avons une maison, une situation professionnelle stable, la pression sociale veut que ce soit la suite logique des choses. Ce n’est pourtant pas parce que tout semble aller que c’est le cas… Comment est-on donc censé réagir lorsque l’on nous impose, dans notre cas, de nous prendre de plein fouet une réalité qui constitue une souffrance au quotidien ? C’est d’ailleurs d’autant plus frustrant lorsque cette question provient de personnes pour qui tout est arrivé très facilement…

Plusieurs possibilités s’offrent alors à nous :

  • L’agressivité : « Mêle-toi de tes affaires ! » / « Et toi, quand est-ce que tu seras moins bête ? » (pour être polie 🤣), ça peut soulager, mais ça ne semble pas être la plus constructive des réactions…
  • L’ignorance : Faire abstraction de notre situation, ne pas relever la question et faire comme si de rien n’était. « On a encore le temps, rien ne presse ». (Se découvrir alors des talents d’acteur que l’on ne se connaissait pas !)
  • L’humour : « Envoie un sms au 73030 ! »
  • La pédagogie : Prendre le temps de se poser et d’expliquer en quoi cette question peut paraître déplacée. Cela nécessite de trouver une force et une patience dont on peut parfois manquer, mais si c’est la condition pour faire avancer les choses, alors pourquoi pas tenter…

Tout cela reste néanmoins très théorique et dépend bien-sûr des personnes qui se trouvent en face de nous (et de notre humeur qui est très facilement variable dans un tel parcours). Quelque fois, il vaut peut-être mieux économiser son énergie plutôt que de se battre avec des personnes qui ne sont pas ouvertes d’esprit. L’énergie est une ressource tellement précieuse que tout le monde ne mérite pas que l’on en use pour eux.

Bref, dans le doute, il vaut clairement mieux s’abstenir de poser ce genre de questions et ne pas céder à la curiosité. Acceptons que chacun mène le parcours qu’il a envie (et qu’il peut) mener sans vouloir s’y immiscer ! Si un couple doit aborder ce sujet, il le fera de lui-même, et seulement s’il le souhaite.


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