Parcours PMA – FIV n°2 VS Endométriose
Nous sommes à peine rentrés de notre voyage en Jordanie qu’il est temps pour nous de nous lancer dans l’aventure d’une 2ème FIV. Nous sommes positifs et confiants. J’ai vraiment fait tout ce que j’ai pu pour prendre soin de mon corps et lui permettre d’aborder au mieux ce qui va lui être infligé. Nous revoyons notre spécialiste, le 27 avril 2022, avec le compte-rendu de l’écho pré-FIV qu’elle m’avait demandé de réaliser. Rien de particulier à signaler (en dehors de ce qui est déjà connu : mon endométriome de 3 cm au niveau de l’ovaire gauche).
Je vais pouvoir arrêter de prendre Sawis Gé et débuter un nouveau protocole à l’arrivée de mes prochaines règles. La spécialiste a bien en tête l’hyperstimulation que j’avais faite lors de notre 1ère FIV et décide de changer de protocole. Ce sera donc injection quotidienne de Bemfola 125 à partir du 2ème jour de mes règles, qui arrivera finalement assez vite : le 9 mai 2022. C’est reparti !
1er contrôle cinq jours plus tard mais j’ai un mauvais pressentiment. Je ressens de fortes douleurs dans le bas du ventre. J’ai peur. En effet, l’écho de contrôle révèle que je fais un début d’hyperstimulation. La spécialiste me demande donc de réduire la dose de mon injection quotidienne. Je passe à du Bemfola 75. Nouveau contrôle deux jours après. L’hyperstimulation ne s’est pas calmée. Obligation d’interrompre le protocole avant que les choses ne dégénèrent davantage. C’est la douche froide… Il n’y aura pas de ponction possible ce mois-ci… On doit à nouveau patienter jusqu’aux prochaines règles.
Contre toute attente, elles arrivent encore une fois assez vite : le 28 mai 2022. Je peux donc reprendre un protocole dès le lendemain mais avec une dose plus faible que lors du précédent : Bemfola 87,5. 1er contrôle six jours plus tard, je me sens bien, mais peut-être trop bien (est-ce possible ??). Je n’ai pas du tout de douleurs. L’écho de contrôle révèle que je réagis peu à la stimulation cette fois-ci. C’est donc l’effet inverse qui se produit.
Je continue tout de même les injections quotidiennes de Bemfola 87,5. Le prochain contrôle montrera peu d’évolution. Seuls 4 ovocytes semblent se développer correctement. Ce serait trop peu pour envisager une ponction (on rappelle que tous les ovocytes ne parviennent pas à être fécondés après la ponction, ce serait donc une tentative mal exploitée pour moi). Je poursuis la stimulation encore quelques jours afin de laisser la chance à d’autres ovocytes d’évoluer mais le dernier contrôle sera formel : seulement 4 ovocytes matures. Je comprends que la spécialiste ne m’enverra pas à la ponction et je me décompose. Encore un mois de perdu.
Elle m’explique que nous pouvons tout de même tenter une insémination, histoire de ne pas avoir vécu cette stimulation pour rien. J’accepte. S’il y a, ne serait-ce qu’une infime chance d’y arriver, il faut foncer ! Je déclenche mon ovulation à l’aide d’une injection d’Ovitrelle le 9 juin au soir et nous avons rendez-vous le 11 juin 2022 pour l’insémination.
C’est un samedi. Mickaël va nous chercher un petit-déjeuner dans notre boulangerie favorite pour nous donner des forces. Il revient avec des roulés aux raisins (ma viennoiserie préférée) alors qu’ils n’en font jamais le samedi ! J’interprète cela comme un signe favorable. Des roulés aux raisins un samedi, du jamais vu, mais en plus le jour de mon insémination ! C’est sûr, tout se passera bien !
Nous sommes de retour à la maison en fin de matinée, une fois l’insémination réalisée. « Mode couvade » activé. Il fait un franc beau temps dehors (autre signe positif), je passerai le reste de ma journée allongée sur un transat au soleil dans mon jardin. Une coccinelle m’a même fait l’honneur de sa présence, encore un signe en faveur de la réussite de cette insémination ! Que de signes me direz-vous…
Durant les 15 jours suivants, je ressens des choses similaires à ce que j’avais pu ressentir lors de l’accroche de mon embryon (quasiment un an plus tôt). J’y crois vraiment. Au début, nous n’en parlons pas du tout avec Mickaël. Nous ne voulions pas en faire trop, nous monter la tête et à nouveau tomber de haut en cas d’échec. Mais après 6 jours, j’ai quand même fini par lui dire que je ressentais des choses et que j’y croyais. Les jours passent et l’attente devient difficile. Nous avons envie de savoir. J’ai des douleurs qui apparaissent. Est-ce bon signe ? Nous voudrions faire un bon dans le temps et arriver au jour de la prise de sang. Malheureusement, il ne sera pas nécessaire d’attendre ce jour car mes règles sont arrivées avant. Ce ne sera encore pas pour cette fois-ci.
Je recontacte ma spécialiste afin de reprendre un protocole sur ce nouveau cycle.
Bemfola 125 = début d’hyperstimulation
Bemfola 87,5 = pas assez stimulée.
Il ne reste plus qu’une dose intermédiaire : Bemfola 100. Cette fois, c’est sûr, c’est la bonne !
On est donc reparti avec un nouveau protocole le 26 juin 2022. L’écho de contrôle du 6ème jour ne m’apprend pas de bonnes nouvelles. Ça ne semble pas évoluer aussi bien que ça le devrait… Je commence à savoir lire entre les lignes de ce que me dit ma spécialiste. Je ne la sens pas très optimiste. En plus, elle m’annonce que mon endométriome a grossi. Il est passé de 3 à 5 cm. Je continue la stimulation malgré tout mais la veille du prochain contrôle je me mets à perdre du sang de façon assez abondante. (J’ai même cru revivre une « mini fausse couche » l’espace d’un instant). J’arrive le lendemain à l’écho de contrôle. Il faut tout arrêter en urgence. Mon endométriose semble refaire surface. Il faut vite mettre au repos mon organisme au moins trois mois (à l’aide d’intra-musculaires de Decapeptyl). Et ça recommence…
Ma spécialiste me prescrit une IRM, que je réalise le 20 juillet 2022 (soit cinq mois après la dernière). Voici ce qu’il en ressort :
« Majoration significative des lésions endométriosiques ovariennes gauches avec augmentation du nombre d’endométriomes. Petite lésion hématique, paraovarienne interne gauche non visible précédemment.
Apparition d’un petit endométriome ovarien droit.
On retrouve surtout une dilatation tubaire, avec signal hématique évoquant un hemo salpinx gauche ainsi qu’un épaississement du ligament rond à gauche. »
En gros, les lésions d’endométriose se sont propagées autour de mon ovaire gauche et ma trompe gauche est bouchée, remplie de sang. Selon le radiologue, il faudra sûrement que je repasse en chirurgie avant d’envisager un nouveau début de protocole.
Je n’arrive plus à réagir, ni à m’effondrer, enfin pas sur le moment en tout cas… J’ai mal, vraiment, et je perds énormément de sang tous les jours. Je suis fatiguée.
Finalement, je pleure tous les soirs de la semaine, j’aimerais en finir pour de bon avec tout cela.
J’envoie les résultats de mon IRM à ma spécialiste par mail et lui demande de m’expliquer la suite des évènements. Je n’ai pas de réponse de sa part au bout de 4 jours donc je me permets de la relancer. N’ayant toujours pas de retour 24h après et souhaitant avoir des réponses avant la fermeture du centre (fin juillet), j’appelle le secrétariat, en vain. Mickaël me suggère de nous rendre sur place, ce que nous faisons.
Nous ne pensions pas mal agir en nous déplaçant, nous avions juste besoin de savoir que mes mails étaient bien arrivés et avaient bien été pris en compte. La secrétaire nous informe que nous allons être reçus deux minutes par la spécialiste qui n’a pas du tout apprécié notre visite à l’improviste. Nous avons passé un sale quart d’heure. Je me suis effondrée devant elle, il faut dire que je ne m’attendais pas à un tel accueil… Elle m’a expliqué que si je n’avais pas eu de réponse c’est qu’elle s’activait auprès de ses collègues (chirurgiens et autres spécialistes) pour décider de ce qui était le mieux pour moi. Elle allait m’appeler le matin de notre venue pour m’en tenir informée. Peut-être, mais j’étais dans l’attente et dans une souffrance physique et psychologique, j’avais besoin de réponses.
De plus, quitte à repasser en chirurgie, je voulais savoir s’il était envisageable de la prévoir durant l’été afin de ne pas être en arrêt maladie dès la rentrée scolaire. Ce n’est visiblement pas possible. Selon la spécialiste, opérer maintenant serait risqué à cause des forts saignements que j’ai encore. Il faut d’abord assécher ma trompe pour permettre aux saignements de s’estomper. Je dois laisser agir les intra musculaires de Decapeptyl encore quelques semaines.
Avant de quitter le cabinet de ma spécialiste qui a fini par se radoucir et par me dire qu’elle était démunie face à ma douleur, elle a passé un appel à un de ses confrères algologue (médecin de la douleur) et m’a obtenu un rendez-vous pour le lendemain midi. Nous ne nous sommes finalement pas déplacés pour rien.
Je ressors de mon rendez-vous avec l’algologue avec plusieurs choses à tester :
le TENS (appareil d’electro neurostimulation), un traitement de fond sous Gabapentine + Acupan en cas de pics de douleur.
J’encaisse… Il va encore falloir être patients, la perspective de cette chirurgie (qui devrait avoir lieu en septembre 2022) repousse à nouveau notre projet de quelques mois …
Tâchons de nous concentrer sur le traitement de mes douleurs et sur notre voyage en Guadeloupe prévu en août. Je vais garder dans un coin de ma tête les mots de l’algologue « bien sûr que vous serez enceinte ». Je sais que ce n’est pas sa spécialité mais j’ai envie de le croire. Tout espoir extérieur est bon à prendre !
