Parcours PMA – Fausse couche
29 juillet 2021 : Nous nous rendons chez notre spécialiste. Elle prend des nouvelles, je lui réponds que tout va bien. Elle me demande si j’ai eu des saignements, « non ». Il est donc temps de procéder à l’échographie de contrôle. Quelle n’est pas ma surprise lorsqu’en retirant ma culotte pour l’examen, je constate qu’elle est pleine de sang ! Que se passe-t-il ? Je n’ai pas saigné depuis la révélation de mon test positif, je n’ai pas non plus de douleurs… Il doit y avoir une explication ! Notre spécialiste procède au contrôle, et là, moment de grande magie, elle nous fait écouter le rythme cardiaque de notre petit embryon ! Mickaël et moi sommes très émus. À priori, tout va bien. En revanche, elle nous recommande tout de même d’éviter les déplacements et de rester tranquilles les prochains jours à cause des saignements qui sont apparus juste avant l’examen. Mince… Nous qui prévoyions de nous rendre au Portugal… On ne la sentait pas tellement d’accord avec ce projet de déplacement… Bon… Après tout, c’est la santé de notre embryon d’abord ! Nous expliquerons tout à famille, ils comprendront…
Nous rentrons de notre rendez-vous et nous préparons à recevoir un couple d’amis à la maison. À la bonne franquette, nous avons prévu d’aller chercher une friterie (avec côte à l’os au barbecue pour ces messieurs). Nous prenons l’apéro et décidons d’aller chercher les frites entre filles (à cinq minutes de la maison). Nous passons notre commande et j’ai la sensation de perdre à nouveau du sang. Nous rentrons après avoir récupéré nos frites. À peine le temps pour moi de déposer le tout sur la table qu’une marée de sang se met à couler le long de mes jambes. Je suis en combinaison noire, ça ne se voit pas de l’extérieur mais je comprends tout de suite ce qui est en train de se passer. Je ne veux pas en informer mon amie, je lui demande d’appeler Mickaël qui est en train de s’occuper de la cuisson de la viande au barbecue. Je tremble, j’ai les larmes aux yeux, mon amie comprend qu’il y a un problème. Je fonce aux toilettes et dit à Mickaël qui vient de me rejoindre : « C’est fini, je suis désolée… ». Il essaie tant bien que mal de me rassurer, d’y croire encore. Je le comprends, il n’est pas dans mon corps, il n’a pas ressenti ce qui venait de se passer. Je lui demande d’aller me chercher une nouvelle tenue mais je ne peux quitter les toilettes tellement je perds de sang. La sensation est atroce… Je sens et vois même une petite boule partir… Était-ce notre embryon ? L’horreur… Je prends sur moi et décide de ne pas « renvoyer » nos amis chez eux. Nous avions été chercher les frites, la viande était prête. Passons à table, mais je n’ai pas du tout faim ! Je suis obsédée par ce qui m’arrive ! Ça ne peut pas être terminé ! Il faut que je garde encore espoir ! Nous avons entendu le rythme cardiaque de notre embryon il y a à peine 2h ! Nous foncerons à l’hôpital dès que nous aurons terminé de manger.
Je ne parviens finalement pas à garder la tête haute et je m’effondre en plein repas. Nous sommes obligés d’expliquer brièvement à nos amis ce qui se passe et nous partons au cabinet de ma spécialiste. Nous n’avons bien sûr pas rendez-vous mais Mickaël explique à la secrétaire notre venue du matin et ce qui vient de se passer. Elle lui répond que la spécialiste ne pourra pas nous recevoir avant 17h30. Non, nous n’avons pas le temps d’attendre, il faut agir vite, nous nous rendons à l’hôpital (service PMA). Je suis rapidement prise en charge par une interne qui me conduit en salle d’écho. Je lui relate notre rendez-vous du matin avec la spécialiste, elle débute l’examen et reste silencieuse. Elle finit par me demander : « Vous dites qu’il y avait un embryon ce matin, c’est ça ? » L’horreur ! Je comprends donc qu’elle ne le voit plus et plutôt que de me le dire directement, elle essaie de trouver un moyen détourné pour me l’annoncer ! Je m’effondre ! Je suis incontrôlable ! Je n’entends plus rien. C’est fini. Avant de nous laisser partir, l’interne nous explique qu’il va falloir que l’on revienne dans 48h pour un contrôle. Selon l’évolution, il faudra envisager un curetage ou tenter « l’évacuation » avec un médicament.
Et nous qui devions partir au Portugal dans 48h… Nous repartons de l’hôpital. Je suis toujours sous le choc de ce qui se passe ! Ce n’est pas possible ! Nous ne pouvons pas repartir à zéro ! Tout ne peut pas se terminer ainsi, si vite, et encore moins 2h après avoir entendu le rythme cardiaque de notre embryon !! Dans tout cela j’en oublie presque Mickaël. Je suis effondrée, pas lui. Enfin, c’est ce que je croyais car il ne pleurait pas… Je m’apprête à remonter dans la voiture et là il me prend dans ses bras et me sert fort. Je comprends alors qu’il souffre aussi beaucoup. Nous rentrons. J’appelle ma mère et lui annonce ma fausse couche. Première fois que je mets un mot sur ce qui m’arrive. Je suis en larmes. Elle ne comprend d’abord pas. Elle ne savait pas que j’étais enceinte. Puis je lui explique que notre venue au Portugal est fortement compromise. J’en informe ensuite mon frère (père de mon neveu et futur filleul).
Après nous être effondrés tous les deux le soir, nous nous couchons dans une peine extrême.
Bref… Journée atroce et interminable…
Fausse couche à un mois et demi de grossesse…
31 juillet 2021 : Nous retournons au service PMA de l’hôpital pour le contrôle que nous devions faire. Nous sommes pris en charge par une première interne que nous sentons assez fébrile. Elle procède à l’échographie mais ne semble pas sûre d’elle. Elle me demande de me rhabiller et nous fait patienter en salle d’attente. Quelques minutes plus tard, elle revient nous chercher accompagnée d’une autre interne. Elle nous explique qu’elle va recommencer l’examen avec sa collègue pour avoir un 2ème avis. Elles réalisent donc l’échographie à deux. Elles sont d’accord pour dire que je n’ai pas évacué tout le sac embryonnaire. Elles m’expliquent qu’elles vont faire le compte-rendu de l’écho à leur responsable et qu’elles reviendront me donner les consignes pour la suite. Nous patientons donc à nouveau dans le couloir avec Mickaël. Nous voyons à ce moment-là une femme enceinte d’au moins 6 mois arriver, quelle souffrance pour moi ! J’en étais jalouse jusqu’à ce que je comprenne (on entendait ce qui se disait à travers la porte) qu’elle venait de perdre son bébé… L’horreur ! La pauvre ! Son cas est pire que le mien ! Comment pourra-t-elle s’en remettre ? J’ai honte d’avoir été jalouse de sa grossesse…
L’interne qui nous avait pris en charge pour la 1ère écho revient vers nous. Nous devons refaire l’examen en compagnie de sa responsable ! Mais quand est-ce que ce cirque va s’arrêter ?! On ne peut juste pas me dire ce qu’il en est clairement et m’informer de la suite des évènements ?!
On remet donc ça ! Une troisième écho, trois pour le prix d’une ! Pourtant les soldes sont terminés ! La responsable confirme qu’une partie de la poche embryonnaire est toujours présente. Elle m’explique que le curetage est un acte chirurgical traumatisant et qu’il est préférable de l’éviter autant que possible. Elle me propose donc de prendre un comprimé censé m’aider à « évacuer » le reste de la poche. Cela peut prendre plusieurs jours. Elle me déconseille fortement de partir au Portugal et me dit de revenir vers elle si, au bout de quelques jours, les saignements (provoqués par le comprimé) sont toujours aussi intenses. Je reverrai sinon ma spécialiste à la fin du mois d’août pour faire le point et entamer la suite des démarches pour un nouveau transfert d’embryon (rappelons qu’il m’en reste encore deux).
Nous rentrons, je prends le comprimé. Très vite, d’intenses douleurs se font ressentir, et les pertes de sang s’intensifient. C’est sûrement « bon signe », il fait effet…
Nous décidons de décaler notre départ au Portugal. Je ne peux pas partir avec de telles douleurs et de tels saignements. J’en informe ma famille qui est très déçue et leur dit que je les tiens au courant.
Je me résigne à renvoyer les t-shirts que j’avais commandés pour ma famille (pour leur annoncer ma grossesse) afin d’obtenir un remboursement.
Trois jours après la prise du comprimé, je saigne toujours mais moins abondamment, nous prenons la décision de rejoindre ma famille au Portugal (sans les en informer).
Nous prenons l’avion dans la journée et leur faisons la surprise de notre venue le soir.
Beaucoup d’émotions…
Fin août 2021 :
Je revois ma spécialiste en PMA comme convenu, pour faire un point. Notre séjour au Portugal m’a fait du bien. J’essaie d’aller de l’avant et de repartir sur de bonnes bases. Pourtant, l’écho de contrôle révèlera que je n’ai toujours pas évacué la totalité de la poche embryonnaire. Ma spécialiste me dit d’attendre mes prochaines règles, ce serait la dernière chance pour que les restes disparaissent.
La pré-rentrée des enseignants se fait. Je suis contente de retrouver mes collègues et de découvrir mon emploi du temps.
La rentrée des élèves et le début de mes règles ont lieu en même temps. Je croise fort les doigts pour qu’elles me permettent (enfin) de passer à autre chose et d’envisager la reprise de notre parcours PMA. Malheureusement ce ne sera pas le cas.
7 septembre 2021 : Curetage. J’enrage. J’ai eu tout le mois d’août pour vivre cette intervention et on me la fait subir la semaine de la rentrée ! Quelle perte de temps… Cela signifie de plus que nous ne pourrons pas reprendre notre parcours PMA en septembre, qu’il faudra encore attendre au moins encore un mois. C’est long… et c’est loin d’être terminé…